La boxe est un sport janséniste — Roland Barthes

Culture Boxe

Carlos Monzón

Par    le 26 mars 2015

Cuando le clavé la mirada estaba pensando : "esta noche te voy a matar"

monzonIssu d’une famille de 13 enfants originaire d’un quartier pauvre de San Javier en Argentine, Carlos Monzón voit le jour le 7 août 1942.

Sur le ring comme dans la vie, Escopeta (son doux surnom signifiant fusil de chasse) ne laisse aucune place à la modération.

Après avoir enregistré un honorable palmarès de 16-3-1NC à l’âge de 22 ans, il enchaîne 80 combats sans connaître la moindre défaite, et cela jusqu’à sa retraite sportive en 1977 : 13 ans d’invincibilité. Une domination sans partage de la division des poids moyens qui lui assure une place dans le panthéon du sport. En 2002, Ring Magazine, la référence en boxe, le place à la 11ème place des boxeurs des 80 dernières années.

Dans un pays qui vénère ses champions comme peu d’autres, Monzón devient rapidement une icône. Tout le pays retient son souffle pendant ses combats. Les routes sont désertes ; les argentins se ruent devant les postes de radio et de télévision. 26 millions de fans poussent l’ancien cireur de chaussures vers les sommets.

Son statut de superstar ne se limite pas au sport. Ses écarts en dehors du ring et ses nombreuses liaisons tumultueuses avec des starlettes locales et européennes font de lui la cible de nombreux paparazzis.

En 1973, au pinacle de son art, la face sombre de la personnalité de Monzón éclate au grand jour. Sa compagne (de l’époque) lui tire une balle de revolver dans la jambe nécessitant 7 heures d’intervention chirurgicale pour retirer le projectile. Il est accusé de violence conjugale et refait le portrait d’un paparazzi.

L’incroyable fascination pour les frasques de Monzón atteint son paroxysme lors du procès pour le meurtre brutal de sa femme, Alicia Muñiz. Les faits se déroulent plus de 10 ans après sa retraite sportive. Il sera condamné à 11 ans de prison.

La noirceur de la vie extra-sportive du champion ternit son héritage. Cependant, sa conquête surprise des ceintures WBC-WBA à Rome, aux dépens de l’italien Giovanni “Nino“ Benvenuti tient de l’onirique. Le combat est arrêté par l’arbitre à la douzième reprise (sur 15 à l’époque) faisant de l’argentin le champion unifié de la division. L’affrontement sera élu combat de l’année 1970 par Ring Magazine.

Carlos Monzón défendra son titre de champion du monde 14 fois. Il affrontera notamment l’ex-champion du monde Emile Griffith et Bennie Briscoe.

À l’image de sa vie, sa disparition est brutale. En janvier 1995, une permission de sortie  lui est accordée par la prison de la province de Santa Fe. Il passe le week-end en famille. Sur le chemin du retour vers le pénitencier, sa voiture part en tonneaux tuant instantanément le célèbre prisonnier.

Criminel, artiste, boxeur, superstar, tombeur, Carlos Monzón est une figure légendaire. Une vie faite de superlatifs et de démesure qui rassemblera des milliers d’argentins lors de ses funérailles. Ils chanteront “Dale campeón“ à l’unisson en l’honneur de leur champion.

@bristolex

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