La boxe est un sport janséniste — Roland Barthes

Culture Boxe

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Après avoir attendu ce combat avec la patience d’un paysan du Danube, le jour J, il était important de mettre toutes les chances de mon côté. Le bilan de la soirée dépendra certes de la performance des deux boxeurs, mais libre à moi d’apporter ma minuscule pierre à l’édifice.

D’abord, en cherchant l’éveil. Dur d’être un amateur de boxe doublé d’un narcoleptique des undercards. Le décalage horaire m’ayant déjà fait manquer un bon lot de combats pourtant immanquables, il était urgent de prendre des mesures. Et un avion pour Buenos Aires où le jet lag est aussi doux que la peau des round card girls de Tecate.

Quel bonheur que de boxer à domicile, dans mon canapé, devant la télé publique qui a eu la bonne idée de diffuser le match. Et de mettre l’Atlantique entre mes sensibles oreilles et la voix rauque de Jean-Philippe Lustyk.

Ajoutez à cela une robuste commande de pizzas plus une Team Pacquiao composé d’un Albigeois, d’un Bordelais et, tenez vous bien, d’un Piscenois. Au bout du compte, la vie n’est pas si dégueulasse.

A 21h, heure argentine (ajoutez 5h et vous avez la française), la télé est déjà allumée et la première mousse débouchée.

À 22h, la retransmission commence sur TVP. Un +1 immédiat pour la présentatrice, Carolina Duer dont le blaze twitter vaut son pesant de cacahuètes : @barbiedeacero dont je vous épargne la traduction.

On commence avec de la belle boxe et Vasyl Lomachenko. Un palmarès absurde de 4 combats, un titre mondial et un talent fou. A peine le temps de passer commande d’une napolitana et d’une calabresa que l’Ukrainien semble avoir pris la mesure de Rodriguez. 7ème round, les pizzas se font attendre et Vasyl score le premier knock down de la nuit. 2nd KO au 9e. Rodriguez a eu son compte. Belle victoire de Lomachenko.

Suivent Leo Santa Cruz et Jose Cayetano. La promesse d’un beau moment de poésie mexicaine. De quoi attirer Clint au bord du carré dangereux. Round 4, seconde tournée de pizz’. C’est aussi le combat du siècle pour le pizzaiolo du coin. Victoire propre de Santa Cruz aux points. Cayetano remporte le prix « menton en acier » de la soirée.

Manny et Floyd, à nous trois. Ou 4 avec le Biebs dont on se demande encore ce qu’il fiche là.

L’attente est insoutenable. On noie notre ennui dans une première tournée de Fernet-Coca. Allez, allez, on se presse, on expédie les hymnes et que la fête commence.

Pacquiao fait son entrée, hilare, sur une infame chanson soupe au lait qu’il a gravé pour l’occasion. Un premier faux pas compensé par la présence d’un faux Justin Bieber. De très bon aloi.

Floyd fait son apparition escorté par le vrai Justin et une sorte d’improbable roi mage. Une vague de mauvais goût déferle sur le MGM Grand.

Le combat du siècle peut commencer. Le combat du siècle ? Hahaha.

Un combat tactiquement intéressant, oui. Pendant douze rounds les deux hommes ont « fait ce qu’ils avaient à faire » sans génie ni surprise. Floyd a tourné, contré, attrapé, parfois à la limite. En face, Manny a mené l’offensive sans trop se découvrir, touchant parfois Floyd sans jamais l’ébranler sérieusement. Sans se lâcher non plus. Pas grand chose à ajouter.

Deux juges sur trois ont vu le même combat que nous. 116-112 pour Mayweather. Acceptable. Avec un pointage de 118-110, le dernier juge a sans doute apprécié plus que de raison l’open bar du MGM Grand.

NZ à Buenos Aires

 

Un samedi soir avec la Team Pacquiao, à Buenos Aires

Let's get ready to rumble

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