La boxe est un sport janséniste — Roland Barthes

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Sous le feu des projecteurs en 2015 à l’occasion du « combat (de merde) du siècle » Mayweather-Pacquiao, Leo Santa Cruz serait le nouveau champion de la boxe mexicaine avec un joli palmarès (29-0-1, 17 KO) et deux ceintures mondiales en coqs et super-coqs. Petite ombre au tableau : le moustachu évite soigneusement les adversaires dangereux.

A chaque fois qu’il lève les bras au ciel pour célébrer ses victoires, Leo Santa Cruz peut s’attendre à déchanter en découvrant les commentaires des fans de boxe. Sur tous les forums spécialisés, El Terremoto (le « tremblement de terre », son surnom) se fait démonter à cause de ses combats jugés trop faciles.

Cache-cache avec Rigondeaux

Les boxeurs de qualité ne manque pourtant pas dans sa catégorie : Carl Frampton, Nonito Donaire et surtout, Guillermo Rigondeaux, le cubain au style et aux stats impeccables (15-0-0, 10 KO). Plusieurs fois, Guillermo (34 ans) a titillé l’orgueil du jeune Leo (26 ans) : « Écoute Leo, je me suis fait une bonne opinion de tous ces Mexicains et tu dis que tu veux affronter les meilleurs… eh bien, tu sais qui est réellement le meilleur dans cette catégorie ? C’est Guillermo Rigondeaux ! J’ai entre les mains deux titres et j’attends de m’approprier le tien ! » C’était en 2014, sur les ondes de radio Los Golpes.

Piqué, le Mexicain avait relevé l’affront : « Guillermo parle beaucoup (…). Je suis prêt à l’affronter où il veut, quand il veut. » Son promoteur, Oscar De La Hoya, avait même sauté sur l’occasion pour tenter d’organiser, fin 2014, le fameux combat de réunification. C’était sans compter sur le manager de Leo Santa Cruz, Al Haymon.

Pour éviter à son protégé une bonne paire de claques cubaines sur le ring, Al Haymon a tout simplement racheté le contrat de promotion d’Oscar De La Hoya pour pouvoir choisir les prochains adversaires de son petit Leo. Pas con… sauf que ça a bien fait rire le monde de la boxe, les fans et que le pauvre Mexicain s’en est pris quand même plein la gueule, dans les médias, notamment par le clan de Rigondeaux : « Leo Santa Cruz est un lâche (…), il n’a pas de couilles. » Oui, mais il a une moustache !

Enfin, un vrai combat

Le pire, c’est sans doute l’excuse trouvée par Santa Cruz pour justifier le non-combat face à Rigondeaux : « Haymon m’a dit que ce ne serait pas un combat intéressant et qu’aucun fan ne serait heureux d’y assister », la bonne blague… Et il ose même ajouter : « J’ai toujours voulu me battre contre les meilleurs et j’aurais vraiment aimé lui fermer sa gueule ! (celle de Guillermo Rigondeaux). »

C’est con parce que Leo a de vraies qualités pugilistiques et n’a pas l’air d’un pantin avec des gants, malgré sa manie d’avancer perpétuellement vers l’adversaire. Mais qu’est-ce qu’un boxeur qui ne monte sur le ring que face à des faire-valoirs ? « Un champion de papier », affirme un expert français du noble art.

Heureusement, dans quelques jours, Leo a l’occasion d’obtenir ses papiers de « boxeurs qui a des couilles ». Il croisera les gants avec le triple champion du monde Abner Mares qui réclame la tête de son ancien sparring partner depuis des mois : « Il va comprendre ce que c’est se retrouver face à un combattant de haut niveau. Je ne me souviens pas du dernier bon boxeur qu’il ait affronté. »

Rendez-vous le 29 août, au Staples Center de Los Angeles pour voir Leo Santa Cruz se faire, enfin, tirer la moustache.

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Leo Santa Cruz : pas de quoi se friser la moustache !

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