Il peut bien courir, mais il ne peut pas se cacher — Joe Louis

Culture Boxe

yoka-Clark

Sur le papier, Tony Yoka a tout pour réussir. Une gueule. Une tête bien faite. Une épatante carrière d’amateur, couronnée par une médaille d’or olympique. Un gabarit. Une excellente base technique grâce au travail du Cubain de l’INSEP, Luis Mariano Gonzalez. Un contrat qui le met momentanément à l’abri du besoin. Canal + est derrière lui. Richard Schaeffer est là aussi. Bref tout baigne.

Dans son coin, Virgil Hunter, l’un des coachs les plus réputés du plateau, lui a ouvert la porte du « no cross, no crown » gym, près de San Francisco. Sa femme, Estelle Mossely, médaillée d’or olympique elle aussi, sait ce qui se passe dans la tête d’un boxeur de haut niveau.

Comme le fait remarquer Souleymane Cissokho, la boxe est un sport impitoyable et « tout peut basculer sur un coup. Il faut donc se donner les moyens ». Cissokho a rejoint Yoka à San Francisco mais ce soir, il l’a précédé sur le ring du Palais des Sports de la Porte de Versailles. Pour son deuxième combat, il affronte le Géorgien Kerdikoshvili, vingt-cinq matchs au compteur (7 victoires, 13 défaites, 5 nuls). Quelques mois plus tôt, l’ancien minot du BAC 9 avait expédié son premier combat contre le Hongrois Goman en 90 secondes.

Premier round : Cissokho pose son jab. Et place sa droite à deux reprises. Suffisant pour ébranler un Géorgien pourtant recroquevillé derrière sa garde.

Deuxième round : Cissokho lâche davantage ses coups. Des combinaisons au corps et à la face. De la vitesse, de la puissance. Cissokho est un vrai boxeur. Un beau boxeur.

Troisième round : nouvelle série d’uppercuts du bras arrière, quelques droites et le Géorgien qui jette l’éponge. Deux combats, deux victoires, deux KO. Solide.

Il reste quinze minutes avant le premier combat pro de Tony Yoka. On aperçoit Hunter et Amir Khan dans le vestiaire. Un mot de son adversaire, l’Américain Travis Clark. Douze victoires en autant de combats, mais un boxeur de seconde zone. Mention spéciale aux tatouages, aux rouflaquettes et à la bedaine de biker. Avec 15 centimètres de plus, 13 ans de moins et 7 kilos de plus que son rival, Yoka peut voir venir. Mais gare à l’accident industriel. Un lucky punch est toujours possible.

Premier round : Yoka s’installe derrière son jab. Pas évident de trouver l’ouverture pour l’ouvrier sidérurgique qui balance des crochets aussi larges que son tour de taille.

Second round : soudain un uppercut du gauche traverse la nuit parisienne. Clark vacille, jambes en coton. Deux fois, Yoka l’envoie au tapis sur des combinaisons au corps et à la face. Et l’emporte par KO.

Comme l’a dit le champion, « ce n’est qu’un début ».

Vivement la suite, au mois d’octobre.

Dans les autres matchs de la soirée, Tavares a battu le Hongrois Hegyi aux points, Ahmed El Moussaoui l’a emporté lui aussi sur décision des juges devant le Russe Seliverstov. Nordine Oubaali empoche la ceinture WBC Silver des coqs en arrêtant le Mexicain Hernandez au 10e round. Le jeune américain Money Powell a atomisé le Hongrois Kovacs en moins d’un round.

NZ

Tony Yoka, ce n’est qu’un début

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