La boxe est un sport janséniste — Roland Barthes

Culture Boxe

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Il y a des atmosphères qui mettent des combats KO. Mais c’est rare.

Il y a des soirées où la défaite justifie de prolonger la fête. Mais c’est rare.

Il y a dans Ricky Hatton un peu de toi, un peu de moi, un peu de nous. Un miroir.

Il y a 10 ans, tout juste, les États-Unis subissent leur toute première invasion hostile, de masse. Cet épiphénomène se déroule à Vegas (comme par hasard). Ce n’est pas que Ricky Hatton qui vient défier le très prometteur Floyd Mayweather Jr mais toute la Grande Bretagne, représentée fièrement par la communauté mancunienne. Celle à la couleur bleu ciel de Manchester City. À l’époque, City c’est la culture de la médiocrité sur le terrain et de la fierté dans les clubs, pubs et autres nobles lieux sociaux. Manchester, c’est l’Haçienda, la MDMA, les Stone Roses, les Happy Mondays. Cet héritage construit dans les années 1990 est transporté fièrement dans les sacs à dos Umbro et le coq sportif jusqu’à la capitale mondiale du jeu et du vice.

Mayweather vs Hatton est présenté comme le combat de boxe le plus important depuis De La Hoya vs Trinidad en 1999. Pas rien.

On se croirait à Maine Road. Hatton rentre sur l’air de Blue Moon, l’hymne de City. Malgré le gratin ultra bling bling présent dans les travées du MGM (Denzel, Bruce, Sylvester, Brad, etc.), ça sent la bière cheap, la saucisse…l’Europe. Le God Save The Queen est entonné par le public avant la version officielle chantée par Tom Jones. Ça grince chez les ricains.

Les premiers 6 rounds sont équilibrés, les styles opposés des deux boxeurs se complètent. Hatton est dur, l’opposé de l’esthète. Money est déjà…Money. À la 10ème reprise, le doute est dissipé. L’arbitre Joe Cortez met un terme au combat après un festival de coups sur un brave Hatton déjà le cerveau à demi-clos.

Avec Hatton, c’est le triomphe de la lose, l’apogée du limité. Dans les vestiaires on l’imagine devant le miroir. Groggy, il sait qu’il a tout donné. Sa carrière n’atteindra plus jamais de telles sphères. Mais, l’homme au visage de sale petit gosse a fait l’expérience ultime. Celle de l’amour inconditionnel d’un peuple. Et ça, ce n’est pas quelque chose que Mayweather possède dans son armoire (hangar) à trophées.

We Are Ricky Hatton.

Alex Le Métais

Hatton-Mayweather : quand Madchester envahit Vegas

Let's get ready to rumble

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