Il peut bien courir, mais il ne peut pas se cacher — Joe Louis

Culture Boxe

Oscar De La Hoya, Golden Boy

Par    le 21 avril 2017

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Il est trois heures du matin, Oscar, quand je t’écris. Je suis assis dans un bar d’Almagro, Buenos Aires. Il y a un fond de tango dans l’air. Je pique du nez dans ma  bière et je pense à toi.

Je pense à ce surnom, Golden Boy, qui t’allait comme un gant. Barcelone 1992, un gamin mexicain descend les Ramblas tout fier dans son survêt’ bannière étoilée. Le cœur serré car ta vieille a passé l’arme à gauche quelques mois plut tôt. Au moins tu auras respecté ta promesse, offrir l’or olympique à son souvenir.

Ça a été la joie à East Los Angeles. Chez les De La Hoya, on paye son dû de père en fils. On a donné du crochet large sur les rings du Mexique, avant d’émigrer de l’autre côté du Rio Grande. Les gars de la salle se la racontent. Ils ont bien le droit de frimer un peu maintenant que tu es champion olympique. Pour toutes les trempes encaissées par amitié ou par fierté.

Il y avait tes potes avec leurs tronches de boxeurs, et toi, joli cœur, comme si les coups ne marquaient pas. Faut dire que c’était plutôt toi qui distribuais. Mais moi, je connais ton petit secret : un steak froid sur le visage après chaque combat et au lit.

Plaire. Voilà ce que j’aimais chez toi. Ce désir de plaire. Comme si les volées de soutifs qui descendaient des tribunes comptaient plus que le verdict des juges. Tu prenais ton pied en boxant. Et si la victoire venait en dansant, alors là, c’était le bonheur. C’est comme ça que tu as rayé Chavez du tableau. Ça en jetait, le Golden Boy qui déboulonne la dernière idole de la boxe aztèque. Et plutôt deux fois qu’une.

Puis je me suis mis à suivre tes combats. À fond derrière toi, j’étais. Mais chaque fois que j’allumais l’écran, ça ne ratait pas : défaite. J’étais ton chat noir, mais je ne t’ai jamais lâché. Fidèle comme un clébard.

Pour le reste, c’était pas moi, c’était l’alcool, la dope et leurs à côtés. Je suis innocent. Des « De La Hoya rechute », on en a vu passer des tas. Des papiers rédigés à la volée. De la merde en barre.

Tes rechutes, je les ai toujours bien aimées. Une preuve de bonne santé. Chacun dans notre bar, on cherche quelque chose : se sentir vivant, se souvenir de notre jeunesse. Et se rappeler de cette fois où tu t’étais pointé devant 50 000 personnes à Old El Paso, Texas, tiré à quatre épingles dans un costume de mariachi. Un chic type quoi. Un mec en or. Un Golden Boy.

NZ

Oscar De La Hoya, Golden Boy

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    1. cultureboxe dit :

      Marvin est dans le bouquin Beauté du geste !

  1. Casanova dit :

    C’est beau, tellement beau

    1. cultureboxe dit :

      Merci !