Il peut bien courir, mais il ne peut pas se cacher — Joe Louis

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Naseem Hamed, triste prince

Par    le 4 mai 2017

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Tu n’étais plus le même sur le ring du MGM Grand de Las Vegas, le 7 avril 2001. Côté trash talking, rien à dire, Barrera en avait vu de toutes les couleurs, mais plus rien ne brillait au fond de tes yeux.

En face, c’était pas un tendre, le Mexicain. Un mort de faim, prêt à tout pour l’emporter. On l’a compris quand vous êtes allés au sol, au début du combat, et qu’il s’est permis de t’en coller une à l’horizontale.

Quand tu es revenu penaud dans ton coin, Brendan n’y était pas. Brendan Ingle, celui qui t’avait découvert, occupé à rosser trois apprentis skinheads à la sortie des classes et invité à faire un tour à la salle.

Il n’y avait que lui, ce vieux pépère irlandais, capable de te garder motivé, de faire vivre la magie. Et de te souffler à l’oreille comment faire dérailler le train mexicain. Fallait pas le vider, Brendan. C’était le seul qui te disait tes quatre vérités. D’autant que tu filais un mauvais coton. Un égoïste doublé d’un fainéant, davantage occupé à soigner tes entrées en scène qu’à t’entraîner, voilà ce que tu étais devenu. Les princes n’en font qu’à leur tête.

Ensemble, vous formiez une équipe du tonnerre. Il faut se souvenir du direct qui a éteint Saud Lawal après trente-cinq secondes de combat en 1996. Ou de ta première américaine, le 17 décembre 1997 au Madison Square Garden, contre l’ancien champion du monde, Kevin Kelley. Trois fois, tu as mordu la poussière avant de l’emporter par KO à la quatrième reprise.

Ce soir, contre Barrera, ton gauche n’a pas fait mouche. Les juges l’ont donné vainqueur. Tu as repris l’avion avec un premier revers et une grosse valise pleine d’amertume.

Un an plus tard, tu as retrouvé les rings pour une victoire sans gloire devant le champion d’Europe, Manuel Calvo. Puis tu as raccroché les gants, à vingt-huit ans. Aujourd’hui, ta bedaine est plus grosse qu’un sac de pommes de terre.

NZ

Naseem Hamed, triste prince

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