La boxe est un sport janséniste — Roland Barthes

Culture Boxe

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Poster des vidéos de Manny et Floyd, ça va un moment. Boire le thé avec un pote boxeur, on a vu mieux niveau grand reportage. Alors ce soir, en pleine crise de vocation, j’ai décidé d’aller défier la nuit portègne. Non, aucun fernet-coca ne saurait ralentir ma marche triomphale vers l’écran diffusant le choc Victor Ramirez vs. Ola Afolabi.

Sur le papier, l’affiche n’est guère affriolante. Afolabi chiffre à 35 printemps et n’a jamais su négocier l’obstacle Marco Huck (2 défaites, 1 nul). Victor Ramirez, délicatement surnommé le Tyson de l’Abasto (un quartier de Buenos Aires), est un digne représentant de l’école argentine : brutal mais frustre. Lui aussi, a encaissé une défaite des poings de Marco Huck. Le tout pour un titre IBF intérimaire en carton…

Un homme avisé aurait sagement patienté une semaine de plus, en rêvant à Lucas Matthysse et Ruslan Provodnikov.

Oui mais voilà, pas question de manquer un affrontement anglo-argentin. Le poing de Dieu sera-t-il au rendez-vous ? Et puis, parfois, l’appel du ring, est plus fort que tout. Sans compter, celui des pintes que je compte bien m’enfiler pendant le combat.

Les débuts sont poussifs. A l’écran du Sugar Bar de Palermo : des slips et des mitaines. Du MMA. Les négociations sont menées tambour battant et bientôt couronnées de succès.

Les combats d’encadrement se succèdent. A ma droite, une pinte. A ma gauche, le compagnon de fortune idéal. Un Mexicain. Un petit pissou et avouez que la vie n’est pas si dégueulasse.

Reste que l’undercard commence sérieusement à me taper sur le système. Toujours la même ritournelle. Le petit jeune qui monte s’impose devant le vieux routier des rings. L’ancien va au bout à l’expérience. Le jeune accumule les rounds. C’était Chaves vs. Vazquez et c’était sans intérêt.

Au tour des super légers Gaston et Borda. Gaston, 11 victoires, une défaire, un nul, boxe propre, évite la gaffe. Gaston s’impose aux points.

Ramirez et Afolabi font enfin leur entrée dans la salle chauffée à blanc du Villa La Ñata Sporting Club. Ramirez qui n’a de Tyson que la courte taille et la boxe marche avant toute s’échine sur un Afolabi amorphe. De fait, aucun des deux hommes n’aurait tenu un round devant un Iron Mike un tant soit peu concerné. 

Bien posés sur notre cul, le Mexicain et moi, faisons le procès d’Afolabi. « Ola profite de ton allonge, nom de Dieu », par ici. « Ola va prendre son chèque, quelques empanadas, un steak et puis s’en va », par là.

La lumière se fait au 8ème, les deux hommes, plantés l’un en face de l’autre, usent du droit inconditionnel des hommes à se bousiller les méninges. Le Tyson del Abasto est dans son élément.

Au 11ème, troisième coup bas d’Afolabi. Ramirez se tortille au sol. Un point  de retrait et nouvelle pause pipi pour bibi. Ce combat ne vaut décidément pas de mouiller le caleçon.

Victor Ramirez l’emporte aux points à l’issue de la douzième reprise et s’enroule dans un drapeau albiceleste sur lequel le traditionnel « Las Malvinas son argentinas » est gribouillé au feutre. Ça en touche une à Afolabi sans faire bouger l’autre.

Vivement Matthysse vs. Provodnikov.

NZ à Buenos Aires

Un vendredi soir à Buenos Aires, devant Ramirez vs. Afolabi

Let's get ready to rumble

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