La boxe est un sport janséniste — Roland Barthes

Culture Boxe

Pour leur premier affrontement, le 5 décembre dernier, Paul The Punisher Williams (39 victoires dont 27 KOs, 1 défaite) et Sergio Maravilla Martinez (45 victoires dont 24 KOs, 2 défaites et 2 nuls) ont mis le feu à Atlantic City.

Dès le premier round, l’Argentin puis l’Américain sont allés au tapis.  Pourtant, au terme de 12 reprises extrêmement disputées où les deux hommes se sont rendus coup pour coup, les juges ont gâché la fête en rendant un verdict controversé : Williams vainqueur à l’unanimité.

Quelques mois plus tard, Martinez est revenu sur le devant de la scène en détrônant Kelly Pavlik, champion WBC et WBO des Moyens tandis que Williams s’est contenté d’une étrange victoire contre Kermit Cintron (Ce dernier s’est jeté hors du ring à la 4e reprise et n’a pu reprendre le combat).

Régulièrement 3e et 4e des classements pound for pound, les deux hommes jouent gros samedi soir.

Une incongruité de la nature

Paul Williams a besoin de l’emporter de façon convaincante pour justifier son titre d’homme le plus craint de la planète boxe. Doté d’une allonge supérieure à celle des frères Klitschko (2m08 contre 2m06 pour Wladimir et 2m03 pour Vitali), Paul le Long est une incongruité de la nature. Ses longues lianes ont détourné de lui nombre d’adversaires potentiels et l’ont contraint à rechercher de nouveaux défis dans les catégories supérieures (Super Welters et Moyens).

Le plus surprenant depuis Prince Naseem Hamed

Pas de quoi empêcher Sergio Martinez de dormir. L’Argentin en a vu d ‘autres. Originaire de Quilmes, l’un des quartiers les plus pauvres de la province de Buenos Aires, il a pratiqué le football et le cyclisme à haut niveau avant de découvrir la boxe à 20 ans. S’il a enfilé les gants sur le tard, Martinez a vite rattrapé le temps perdu, passant pro après seulement un mois d’entraînement.

Quelques années plus tard, après un début de carrière prometteur, il a quitté son Argentine natale pour tenter sa chance en Espagne. Arrivé comme immigré clandestin en 1997, il a combattu un peu partout en Europe  avant de repartir, en 2007, à la conquête des Etats-Unis.

A 35 ans, Martinez n’a plus une seconde à perdre. S’il s’impose demain soir, sa gueule d’acteur de cinéma et son style peu orthodoxe devraient en faire l’un des personnages les plus médiatisés de la planète boxe.

Bert Sugar, célèbre historien de la boxe, est conquis :

Martinez est un boxeur incroyable. C’est le boxeur le plus surprenant que j’ai vu depuis Prince Naseem Hamed. Et il a la puissance. Il a détruit Pavlik. On ne sait jamais où il est sur le ring et c’est ce qui le rend si excitant, intéressant et amusant à regarder.

Autant dire que le père Bert a choisi son camp : il est d’autant plus persuadé que Martinez l’emportera que la pression sera sur les épaules de son rival :

Paul Williams est à la croisée des chemins. C’est lui le plus connu et il y a beaucoup d’attentes le concernant. Il a beaucoup plus à perdre que Martinez : il doit confirmer maintenant ou il devra revoir ses ambitions à la baisse.

Sergio Martinez vs. Paul Williams II : un choc qui promet

Let's get ready to rumble

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