Il peut bien courir, mais il ne peut pas se cacher — Joe Louis

Culture Boxe

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Ernest Hemingway, Norman Mailer, Jack London, Arthur Cravan, Joyce Carol Oates, Julio Cortazar… bon nombre d’écrivains ont relevé le gant. Pour vous, j’ai donc dépoussiéré le rayon préféré de ma bibliothèque. En vrac.

Alexis Philonenko, Histoire de la boxe

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Alexis Philonenko est philosophe. C’est son métier. Sa passion ? La boxe. En son temps, il a payé son dû sur le ring et il s’en félicite :

J’ai, toute ma vie, cru devoir plaindre les hommes qui n’avaient pas pu, soit par faiblesse physique, soit par inaptitude mentale, franchir les cordes et monter sur le ring qu’on nomme parfois « le cercle enchanté ». Quels beaux souvenirs ! Je n’ai pas honte de l’avouer.

C’est donc en amoureux qu’il retrace l’aube de la boxe, la Belle Epoque, le temps des héros. On y croise les pionniers Jack Broughton, Daniel Mendoza, Bob Fitzimmons et J.J.Corbett. On assiste à l’avènement de Jack Johnson et à l’écroulement du mythe de la suprématie de l’homme blanc. On vibre avec Georges Carpentier au rythme des années folles. On apprécie la boxe scientifique de Gene Tunney. Tiens, voilà Max Baer, Max Schmeling, Joe Louis et ce géant aux pieds d’argile de Primo Carnera. Puis viennent Sugar Ray Robinson, l’artiste, et Jake LaMotta, le bûcheron. Sans oublier Marcel Cerdan. Un « naïf » selon maître Philonenko, mais qui aura fait vibrer la France comme personne. Dans le cœur de l’auteur, un homme occupe une place toute particulière : Mohamed Ali. D’ailleurs son Histoire de la boxe se conclut au huitième round d’un certain 30 octobre 1974 à Kinshasa. Philonenko est également l’auteur de Mohamed Ali, un destin américain. Un monument.

Joyce Carol Oates, De la Boxe

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Joyce Carol Oates observe la boxe depuis l’adolescence. Elle a assisté à son premier combat dans les années 1950, avec son père : « Cela a touché quelque chose de très profond en moi. Il y a là un mystère à percer ».

Alors, dans De la Boxe, elle cherche, ausculte la boxe et les boxeurs. Les inconnus, ceux qui gagnent leur croûte en faisant office de sac de frappe humain, ou les champions.

Il y a Rocky Marciano et son style de vie monastique, la grâce de Mohamed Ali et la violence de Mike Tyson. Il y a aussi et surtout des histoires d’hommes disposés à tout pour aller au bout d’eux-mêmes : « La boxe est notre théâtre tragique. L’individu réduit à lui-même ». Puissant.

Loïc Wacquant, Corps et âme

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Pour écrire Corps et âme, Loïc Wacquant a donné de sa personne. En août 1988, il s’inscrit dans un club de boxe du ghetto noir de Chicago. Il est novice. Il s’entraînera pendant trois ans, à raison de trois à six séances par semaine, jusqu’à disputer un combat officiel.

Son bouquin nous fait pénétrer dans le quotidien des boxeurs locaux. Chez eux, dans leur gymnase où se dessine en creux un portrait en négatif de la rue, mais aussi dans leurs corps et dans leurs têtes. Précieux.

Lire aussi : La salle de boxe par Loïc Wacquant

Jean-Paul Besse, Les Boxeurs et les Dieux

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Dans son livre, sous-titré « L’esprit du ring dans l’art et la littérature », Jean-Paul Besse, historien et boxeur à ses heures perdues, fait défiler une belle brochette de monstres sacrés de la littérature. Homère qui déjà chantait les combats livrés à la mémoire de Patrocle. Jack London, entre énergie virile et sens de la camaraderie, dont les boxeurs sont un condensé de force et de vitalité. Hemingway qui joue la carte de coup de poing franc et de la bonne humeur, celle de Marcel Cerdan contre Marcel Proust. Albert Camus à Oran qui décrit le match amateur que livrent « ces dieux au front bas ». Montherlant, bien évidemment :

Il m’est arrivé, à certaines réunions de boxe, au côté d’un bon camarade, d’avoir tant de goût que je me disais : « Après ça, je peux mourir (…). Pour moi, que la civilisation s’engloutisse : si on donne encore, parmi les ruines fumantes, des combats de boxe et des courses de taureaux, je dirai que la vie est une riche affaire.

Sans oublier Jean Cau, à qui le livre est dédié, et qui ne manquait pas de lamenter l’agonie de la boxe. Il y a aussi Paul Morand, Jean Prévost, et bien d’autres encore. Bluffant.

Lire aussi : Jean Cau : les jeunes ne veulent plus prendre de coups

Leonard Gardner, Fat City

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Leonard Gardner, ancien boxeur amateur, n’a écrit que ce livre, récompensé du National Book Award, car « c’était la seule histoire (qu’il avait) à raconter ». Vraiment ? « Dans la vie on ne reste parfois champion du monde que le temps d’un combat ».

Pour moi, on tient-là le meilleur bouquin de fiction jamais écrit sur la boxe. Une histoire de perdants, évidemment.

Lire aussi : Préparez-vous à encaisser un violent direct au cœur avec Fat City de Leonard Gardner et Sur Fat City (John Huston, 1972)

Ernest Hemingway, Le Champion / Cinquante mille dollars

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Papa a consacré plusieurs nouvelles à la boxe dont Le Champion et Cinquante mille dollars. D’autres figures de boxeurs pointent le bout de leur nez cassé ailleurs dans son œuvre. Par exemple, dans Le courant et La lumière du monde, mais aussi dans Le Soleil se lève aussi. La boxe, comme la pêche au gros, la chasse, la corrida ou la guerre est un moyen rudement efficace pour mettre son courage à l’épreuve.

Lire aussi : la série Papa, la boxe et moi et Hemingway, poing à la ligne

Jack London, Sur le ring / Lorsque l’homme frappe l’homme

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Jack London boxait régulièrement sur le pont de son bateau, parfois avec son épouse, faute de sparring-partners. Il nous a laissé d’excellents reportages dont une pépite sur le combat Jack Johnson vs. Jim Jeffries publiée dans le recueil Lorsque l’homme frappe l’homme. London a également tombé quelques nouvelles sur son sport préféré. L’Enjeu et La brute, sont réunies dans le recueil Sur le ring. Le Mexicain et Un steak (dont Loïc Wacquant dit le plus grand bien) sont publiées individuellement aux éditions Libertalia (pas encore lus).

Lire aussi : The Game, une histoire de boxe par Jack London

Norman Mailer, Le Combat du siècle

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En octobre 1974, Norman Mailer a couvert le match Ali vs. Foreman, titre des lourds en jeu. A la clé ? Des portraits hallucinés des deux combattants et de leur entourage. Sans oublier les descriptions de cette faune improbable appâtée par l’évènement : managers, escrocs et journalistes. Et puis l’amour pour Ali qui crève les lignes :

C’est toujours un choc de le revoir. Non pas “live”, comme à la télévision, mais bien vivant en face de vous, au mieux de sa forme. À cet instant, le Plus Grand Athlète du Monde court le danger d’être aussi le plus beau mâle que nous ayons et le vocabulaire de l’afféterie se profile à l’horizon, inévitable : la respiration des femmes “s’accélère”, les hommes “baissent les yeux” devant ce nouveau rappel de leur petitesse. Même s’il n’ouvrait jamais la bouche pour troubler les strates gélatineuses de l’opinion publique, Ali inspirerait cependant l’amour et la haine, car il est le prince du Ciel, ainsi que le proclame le silence qui s’établit autour de son corps quand il irradie.

Saluons la courageuse entreprise de l’auteur qui tente de suivre le champion dans un footing nocturne. Une tentative vite abandonnée en raison d’une condition physique suspecte et de quelques verres coupables.

La description du combat occupe un tiers du livre. Elle est plus longue à lire que le combat à se dérouler, assume Mailer. Disons que le jeu en vaut la chandelle.

Lire aussi : S’il ne fallait en lire qu’un, ce pourrait bien être The Fight de Norman Mailer et Mike Tyson par Norman Mailer

Bill Cardoso, KO à la 8e reprise

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Bill Cardoso était, lui aussi, à Kinshasa. Il en a tiré KO à la 8e reprise, un long reportage gonzo sur cinquante jours et surtout cinquante nuits de picole et de ganja. Il y a aussi l’autre combat, celui qu’il livre contre l’administration zaïroise de Mobutu, particulièrement obtuse. C’est le New Times qui avait envoyé Cardoso à Kinshasa. Le journal n’a jamais diffusé le travail commandé.

Pour la petite histoire, un autre des pères du gonzo était à Kinshasa. Sauf qu’à l’heure du combat Hunter S. Thompson planait, nu comme un ver, dans la piscine de son hôtel. Trop défoncé.

Lire aussi : Hunter S. Thompson sur Mohamed Ali

Frédéric Roux, Alias Ali / La classe et les vertus

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Frédéric Roux a démonté et remonté quelques milliers de points de vue, souvent contradictoires, sur la vie et l’œuvre du champion. Un livre dans lequel cette grande gueule d’Ali ne l’ouvre pas. Ce sont ses partenaires, adversaires, entraîneurs et amis, mais aussi les journalistes, managers, écrivains, hommes politiques qui le racontent et dessinent dans le même temps une histoire politique des Etats-Unis.

Lire aussi : Frédéric Roux sur Ali et son livre « Alias Ali »

Plus classique, La classe et les vertus nous renvoie au 6 avril 1987, date du match opposant Marvin Marvelous Hagler et Sugar Ray Leonard pour le titre des moyens. La classe, c’est Leonard. Les vertus, Hagler. La suite ? Dans le bouquin.

Lire aussi : Frédéric Roux sur « La classe et les vertus »

Nick Tosches, Night Train

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Nick Tosches reconnaît en Sonny Liston « le plus redoutable des hommes, le plus invincible des boxeurs poids lourds ». C’est surtout un drogué notoire, ancien taulard et homme de main de la pègre. Un type dont la vie a commencé dans les ténèbres puis n’a eu de cesse de s’y enfoncer. Glaçant.

Lire aussi : Sonny Liston, la boxe, la brute et les truands

Jake LaMotta, Raging Bull

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Rares sont les autobiographies de boxeurs dignes d’être sauvées des eaux. Celle de Mike Tyson (Tyson, la vérité et rien d’autre) a du punch mais finit par tourner en rond. Raging Bull de LaMotta boxe dans une autre catégorie. Le tombeur de Marcel Cerdan raconte tout : son enfance, la maison de correction, la prison, la boxe, la mafia, le succès et la chute. Une histoire qui valait bien un film de Scorsese avec Robert DeNiro. Sauvage.

Mike Tyson, La vérité et rien d’autre

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Complètement hallucinant d’honnêteté et de premier degré. Le mec ne se cherche pas d’excuses et déballe tout sur son enfance picaresque de brooklynite introverti, son ascension des débuts, les relations père-fils avec Cus d’Amato et arnaqueur-pigeon avec Don King, les excès – filles, cocaïne, inconvénients de posséder des tigres domestiques, virées imprévues chez des dictateurs – et le chaos de l’après-boxe. Difficile de ne pas éprouver de compassion pour le bonhomme, qui en a fait un spectacle de stand-up et à qui on souhaite de stabiliser sa sortie d’enfer.

Roland Passevant, Boxing Business

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Roland Passevant a été journaliste puis chef du service des sports à L’Humanité. Pendant des années, il a enquêté sur le « Boxing Business » c’est-à-dire sur les magouilles régissant le milieu de la boxe. Avec une mission : protéger la santé des boxeurs, ces éternels dindons de la farce.

A son actif également, une belle enquête sur la famille Cerdan (Les Cerdan).

Lire aussi : Vous allez tomber de votre chaise en lisant « Boxing Business » de Roland Passevant

Julio Cortazar, Torito

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Le fantastique Julio Cortazar suivait quotidiennement la boxe. Pas étonnant que le destin de son compatriote Justo Suarez l’ait inspiré :

Justo Suarez était un boxeur éblouissant… Quand j’étais adolescent ou même un peu plus vieux, l’irruption en Argentine de Justo Suarez, le « Torito de Mataderos » , a été un véritable bouleversement. C’était un boxeur extraordinaire. Suarez était brillant, spectaculaire et profondément sympathique. Il avait un rapport très facile avec les gens. Curieusement, il a lui aussi fini par perdre aux Etats-Unis, comme je le raconte dans Torito. Sa fin a été absolument tragique. Abandonné de tous après sa défaite, il est mort tuberculeux dans un hôpital de province, à Cordoba. Sa mort m’a vraiment marqué. Je ne ratais pas un seul de ses combats. Un jour, alors que je vivais encore à Paris, tout m’est revenu d’un coup et je me suis immédiatement assis devant la machine à écrire. En deux heures, j’ai écrit un conte, avec des informations très précises sur ses combats dont je me souvenais pour l’avoir suivi tout au long de sa carrière. Pendant deux heures, j’ai été Justo Suarez et j’ai écrit comme un boxeur.

Torito fait partie du recueil de nouvelles Fin d’un jeu. Mentionnons aussi Le soir de Napoles, une histoire politique avec le combat Monzon-Napoles en toile de fond. A découvrir dans Façons de perdre.

Lire aussi : Cortazar et la boxe

Alberto Salcedo Ramos, L’or et l’obscurité

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Le journaliste Alberto Salcedo Ramos est un as de la crónica ou du journalisme narratif. Dans L’or et l’obscurité, résultat de deux ans d’enquête, il part sur les traces du grand champion colombien Antonio Cervantes, mieux connu sous le nom de Kid Pambelé. Celui que Gabriel García Márquez qualifiait « d’homme le plus connu de Colombie » a tout connu : la gloire puis la ruine, l’alcool et la folie. Brûlant.

Lire aussi : Il faut lire L’Or et l’Obscurité d’Alberto Salcedo Ramos

David Fauquenberg, Mal Tiempo

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La rencontre entre un entraîneur français en fin de parcours et un poids lourd cubain de 22 ans. Ce jeune prodige « a un truc qui ne s’apprend pas : toujours le bon tempo. Il ne fait presque rien, il donne l’illusion d’être lent mais rien qu’avec ses appuis et ses feintes, il leur fait perdre les pédales ». Un peu comme Fauquenberg, qui a su trouver le bon rythme pour raconter la boxe, Cuba et son protagoniste, Yoangel Corto, qui ne boxe que « pour lui ». Envoûtant.

Patrice Lelorain, Quatre uppercuts

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Retour en France avec ces quatre nouvelles épatantes de Patrice Lelorain, par ailleurs auteur d’un bouquin sur Mohamed Ali (La légende de Mohamed Ali) pas encore lu. Dans Quatre uppercuts, on retrouve toute une cohorte d’âmes damnées qui fleurent bon les années quatre-vingt-dix : Aldo GrossoPierre LorcyFrank Winterstein, le père et le fils ChanetYacine KingboAntoine PalatisCyril Seror, le coach marseillais Jean MolinaJo Siluvangi et David Thio. Sans oublier Louis Acariès, sa femme ainsi que les ombres de Jean-Marc Mormeck et Brahim Asloum. Des histoires d’ici et un fil rouge : la différence entre un destin de champion ou de soutier des rings est tragiquement mince.

Lire aussi : Vous allez prendre une bonne baffe en lisant « Quatre uppercuts » de Patrice Lelorain

F.X. Toole, Coup pour coup

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Pendant la seconde moitié de sa vie, F.X. Toole a officié comme soigneur et entraîneur de boxe. D’où le recueil de nouvelles La brûlure des cordes dont Clint Eastwood a tiré Million Dollar Baby pour le porter à l’écran. Cela dit, ma préférence va à son roman posthume, Coup pour coup. Une histoire de destins croisés et fracassés. Poignant.

Elie Robert-Nicoud, Scènes de boxe

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Le père d’Elie Robert-Nicoud était boxeur professionnel. Il a toujours refusé que son fils l’imite. Trop risqué. Trop impitoyable, la boxe. La pilule n’est jamais vraiment passée. On le sent au fil de cette déclaration d’amour à ce sport cruel. Robert-Nicoud décortique à merveille le danger qu’il y a à mêler la relation père-fils aux activités du ring. Les pères seraient les derniers à jeter l’éponge, trop occupés à vivre leur rêve de boxeur raté à travers le fils qu’ils envoient au casse-pipe. Mention spéciale aux pages lumineuses sur les boxeurs juifs américains.

Bonus : notre intervention conjointe à L’oeil du Tigre sur France Inter.

William Hazlitt, Le combat

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William Hazlitt rend compte du combat de bare-knuckle boxing opposant William Neate à Thomas « le Gazier » Hickman le 11 décembre 1821 sur une pelouse d’Hungerford. Une sorte de reportage gonzo avant l’heure.

Lire aussi : Le combat de William Hazlitt est sans doute le premier reportage gonzo sur la boxe

Louis Hémon, Battling Malone, pugiliste

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A Londres, les Lords se plaignent de la domination des Français sur la boxe anglaise. Il leur faut un champion capable de les mettre en déroute. Ce sera Patrick Malone, un jeune voleur de la working class irlandaise émigrée dans la capitale anglaise. Typical.

Lire aussi : Battling Malone, pugiliste de Louis Hémon

Jean-Marie Bretagne, Battling Siki

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Jean-Marie Bretagne a résidé à Saint-Louis du Sénégal, la ville natale de Battling Siki. Il a donc mené l’enquête sur ce boxeur au parcours surprenant : embarqué pour l’Europe alors qu’il n’avait que huit ou neuf ans, abandonné à son sort dans les rues de Marseille, boxeur de foire, tirailleur lors de la Première Guerre mondiale, vainqueur surprise de Georges Carpentier avant de finir assassiné à New York une nuit de décembre 1925. Epique.

Harry Crews, Le Roi du KO

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L’histoire d’Eugene Biggs, ancien boxeur affligé d’un menton de verre. Le moindre coup l’envoie au tapis pour le compte. Ce qui ne l’empêche pas de chercher à gagner quelques ronds avec la boxe en s’auto-administrant des KO fulgurants devant la bonne société de La Nouvelle Orléans. Par le grand Harry Crews, l’un des rois du roman noir américain.

Lionel Froissart, Les boxeurs finissent mal… en général

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Le titre résume à merveille les douze portraits de boxeurs réalisés par Lionel Froissart. Mention spéciale au chapitre sur Christophe Tiozzo :

Parfois Christophe se dit que la boxe c’est vraiment un truc de lopette : sauter à la corde, se regarder faire des jolis gestes dans une glace et surveiller son poids comme une gonzesse.

Lire aussi : Les boxeurs finissent mal… en général

Alban Lefranc, Le Ring invisible

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Alban Lefranc fait corps avec Ali. Oui, mais pas n’importe lequel : Ali avant Ali. Celui qui cherche sa voie (sa voix ?), celui qui se construit un corps. Avant d’écrire sa légende dorée. Ali était un homme libre, alors l’écrivain prend lui aussi des libertés. Il lie ainsi la genèse du champion avec l’assassinat du jeune Emmett Till, battu à mort pour avoir regardé dans les yeux la femme blanche qui tenait l’épicerie où il était entré un jour de 1955. Un pari réussi.

Jacques Henric, Boxe

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Au départ, Jacques Henric avait prévu de suivre Jean-Marc Mormeck à Kinshasa où l’ancien champion des lourds-légers souhaitait remettre son titre en jeu. Un remake du match du Ali-Foreman rapidement tombé à l’eau. Sauf que l’écrivain n’a pas raccroché les gants pour autant. La preuve avec Boxe, un essai foisonnant sur ce sport étonnant.

Lire aussi : Vous allez me faire le plaisir de lire « Boxe » de Jacques Henric

Daniel Rondeau, Boxing-Club

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Le Boxing-Club, c’est celui d’Epernay, admirablement dirigé par l’ancien pro Jérôme Vilmain, qui a sorti des champions comme Jean-Michel Hamilcaro et Amira Hamzaoui. Daniel Rondeau, Jérôme Vilmain et le Boxing-Club, c’est l’histoire d’une belle rencontre. Et un beau livre.

Eduardo Arroyo, Panama Al Brown

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S’il y a bien un boxeur qui n’a pas volé son livre, c’est Panama Al Brown. Le racisme aux Etats-Unis, Paris la nuit, Jean Cocteau, le champagne, l’opium, les garçons, les succès et la chute… Il a tout connu. Un parcours fascinant croqué par le peintre espagnol Eduardo Arroyo.

Philippe Aronson, Un trou dans le ciel

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Philippe Aronson prend la plume pour faire parler Jack Johnson à la première personne. Ça tombe bien, le premier Noir champion du monde des lourds a beaucoup de choses à dire. Epatant.

Arthur Cravan, pour l’ensemble de son œuvre

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Arthur Cravan n’a quasiment rien écrit sur le sujet mais parler de boxe et de littérature sans l’évoquer serait une faute de goût. Au palmarès de ce poète coup de poing : avoir tenu six rounds contre l’ancien champion des lourds Jack Johnson sur un ring de Barcelone. Un personnage qui a inspiré Philippe Dagen. Son Arthur Cravan n’est pas mort noyé imagine ce qui serait advenu du neveu d’Oscar Wilde s’il n’avait pas disparu dans les eaux du Golfe du Mexique.

Charles Bukowski, Le Perdant

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Bukowski n’a disputé aucun combat officiel mais il a écrit quelques poèmes (Le Perdant) et passages brillants sur la boxe (dans Hollywood et Le retour du vieux dégueulasse).

Antoine Sénanque, Jonathan Weakshield

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A vrai dire, Jonathan Weakshield, n’est pas un livre sur la boxe. Cela dit, Antoine Sénanque, par ailleurs auteur d’un excellent article sur Fat City de John Huston, réserve une place de choix à la vérité des poings (Les épatantes scènes de boxe du « Jonathan Weakshield » d’Antoine Sénanque).

Davide Enia, Sur cette terre comme au ciel

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Trois générations de Siciliens boxent leurs fantômes. Emouvant.

Lire aussi : Arrêtez-tout et lisez « Sur cette terre comme au ciel » de Davide Enia

Nicolas Zeisler, Beauté du geste

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A force de lire des bouquins sur la boxe, j’ai fini par en écrire un, moi aussi : Beauté du geste ou le portrait de trente-six figures mythiques de la boxe du vingtième siècle, de Jim Jeffries à Mike Tyson. En librairie le 4 mai prochain.

Cet article sera actualisé au fil de mes lectures. N’hésitez pas à me suggérer des titres de bouquins dans les commentaires.

NZ et AF

Boxe avec les mots : quelques livres pour y comprendre quelque chose

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  1. JauneDeLaHoya dit :

    Bravo pour la sortie de ton livre! Après d’autres lectures je m’y pencherai avec beaucoup d’attention.

    1. cultureboxe dit :

      Merci, c’est sympa !